Huahine, paradis secret

Lundi 28 février

Le réveil n’a même pas le temps de sonner que nous sommes déjà tous debout. Avec le décalage horaire, nous sommes vraiment au rythme polynésien et nos journées démarrent tôt. Petit-déjeuner sur la table basse, finition des sacs et nous voici sur le trottoir à la recherche du bus qui va à l’aéroport.

Nous demandons à un premier chauffeur puis un second et hop en route. Pas besoin de surveiller la route, la conductrice nous arrête spontanément près de l’aéroport, la gentillesse polynésienne. Nous allons directement à l’enregistrement qui est déjà ouvert. Contrôle du pass vaccinal puis pesée des sacs, pari réussi, le plus gros ne fait que huit kilos et demi pour dix autorisés. J’en profite pour demander à l’hôtesse si on peut cumuler les poids sur un seul bagage et elle répond par l’affirmative. Bonne nouvelle, on se cassera moins la tête la prochaine fois.

Traversée à pied du tarmac pour monter dans l’avion d’Air Tahiti, un 68 places avec deux fois deux sièges par rangée. Léonie s’installe donc seule près d’un hublot et JC et moi accompagnons chacun un des garçons. Nous profitons cette fois de la vue sur l’île au décollage puis sur Moorea. Atterrissage en douceur sur Huahine après une trentaine de minutes de vol seulement et une vue panoramique (ouille pour l’empreinte carbone mais pas d’autres moyens d’arriver ici).

Notre hôte nous attend dans le hall avec une petite pancarte. Après récupération des bagages et passage aux toilettes pour sauvetage d’urgence d’un short menacé par une couche débordante (vous voyez, notre vie n’est pas que glamour et paillettes), nous grimpons dans son monospace. En route, il nous fait un super briefing sur l’île avec les choses à voir, les roulottes (snacks locaux en bord de route), les plages… Il nous explique aussi d’où vient le nom Huahine, l’île femme, car ses montagnes laissent apparaître une femme enceinte allongée. Je vous laisse interpréter sur la photo.

Il nous raconte aussi que chaque île de l’archipel essaie de tirer son épingle du jeu en ayant une spécificité. Ici, c’est le melon et la pastèque qui sont cultivés et exportés à Tahiti. A Moorea, ce sont les ananas et la fabrique de jus Rotui. Et à Bora, ce sont les touristes ajoute-t-il d’un ton espiègle.

Il nous emmène ensuite chez lui et nous offre un verre de bienvenue sur la terrasse de notre logement. L’accueil est vraiment au top ici.

Nous prenons nos marques dans l’appartement et préparons un déjeuner rapide avec nos restes. Puis, nous envoyons Gaspard à la sieste pendant que les grands jouent sur la terrasse. Leur complicité déjà forte, ne fait que se renforcer avec ces mois de voyage collés serrés et c’est amusant de les observer tous les deux.

A seize heures, notre hôte revient pour nous donner les clés d’une des voitures qu’il loue et faire le tour de celle ci. Comme il n’a pas d’autres demandes, il nous la laisse dès maintenant et jusqu’à mercredi matin pour le prix d’une journée. Nous préparons les affaires de baignade et en route pour le centre-ville de Fare, la ville principale où il nous a indiqué une jolie plage.

De centre-ville, en fait il y a deux rues, le port avec ses fameuses roulottes, un seul supermarché pour toute l’île, une pharmacie, une poste et quelques autres boutiques. Nous faisons une première pause sur le port pour le goûter, glaces bien industrielles pour les enfants et gaufres au chocolat de piètre qualité pour nous. Juste en se penchant au bord du ponton, nous observons plein de poissons, ça promet pour le snorkeling.

Nous rejoignons ensuite à pied la petite plage du centre. Coup de coeur immédiat! Sable blanc super fin, eau turquoise, quelques bateaux amarrés et quasi-personne. Nous allons tous nous baigner. L’eau est bonne et ultra-transparente. Seul bémol, deux chiens en liberté qui nous collent un peu trop, même dans l’eau, mais leur propriétaire finit par les rappeler et s’en aller. Les enfants usent encore leurs masques mais peu de poissons par ici. Ils s’entrainent donc à nager et toucher le fond.

Puis, ils vont jouer dans le sable jusqu’au moment où nous regardons l’heure et lançons le signal du départ. Nous devons passer au supermarché et celui ferme à 19 heures. Nous allons rater le coucher du soleil mais de toute façon un nuage nous cachait la dernière phase. Nous filons faire les courses et finissons parmi les derniers, le vigile baissant déjà le rideau quinze minutes avant la fermeture.

Mardi 1er mars

Réveil toujours aussi matinal en Polynésie. La nuit a été bonne, merci la climatisation au coucher. Ici il fait très chaud et surtout l’air est plus humide qu’à Tahiti ou Moorea. Heureusement qu’on a de l’expérience des pays tropicaux maintenant. Si on arrivait de France, ce serait sans doute plus difficile à supporter.

Le petit-déjeuner est compris dans la nuit. Tinau, notre hôte nous dépose deux baguettes sur la terrasse tous les matins et nous avons du beurre et des confitures artisanales dans le frigo. Sympa pour commencer la journée.

Puisque nous avons la voiture aujourd’hui, nous partons faire le tour de l’île ou plutôt des deux îles, Huahine Iti (la petite) et Huahine Nui (la grande), reliées par un pont. Tinau nous a bien briefé sur les différents arrêts possibles et laissé une carte.

Premier stop au bord de la route pour monter à pied jusqu’à l’antenne rouge et blanche qui devrait nous offrir un chouette panorama. Problème, nous ne trouvons pas le chemin d’accès, qui est pourtant censé être bétonné en partie. La seule voie que nous voyons est marquée « propriété privée » et nous n’osons donc pas nous y engager.

Nous tentons alors un autre sentier un peu plus loin mais après quelques dizaines de mètres, impossible de savoir par où il faut passer. Nous sommes en plein milieu de la végétation. Et personne pour nous renseigner. Dommage, nous aurions dû demander des consignes plus précises, nous rebroussons chemin.

Sur le bord de la route, nous apercevons le marae de Maeva, un des sites archéologiques de l’île. Les marae sont des lieux sacrés qui servaient à différentes activités pour les communautés polynésiennes ancestrales.

Nous reprenons la voiture et nous arrêtons un peu plus loin au bord d’un pont pour voir les pièges à poisson. Une intéressante curiosité, des chemins de pierre dans l’eau qui servent à diriger les poissons dans un bassin pour les attraper. Les premiers auraient été construit il y a plusieurs siècles et des plus récents sont encore utilisés aujourd’hui.

Puis, nous nous arrêtons à la marina de Faie, où nous prenons une pirogue pour aller à la ferme perliere, Huahine Pearl Farm. Sur place, une jeune femme nous explique comment sont produites les célèbres perles de culture polynésiennes. Greffon, nucleus, nacre et filet n’ont plus de secret pour nous. Même les enfants sont intéressés par les explications sur le rôle des huîtres dans tout ça.

Une petite boutique permet d’observer les différentes qualités de perles et de s’offrir un petit souvenir si on le souhaite. Et en plus, le cadre de la ferme, au milieu du lagon est juste époustouflant de beauté. Rien que pour le plaisir des yeux, la visite vaut le coup.

Nous poursuivons notre balade sur la route qui fait le tour de l’île. Nouvelle pause peu après pour découvrir les anguilles sacrées. Dans un petit ruisseau au bord de la route de Faie, où il n’y a presque plus d’eau d’ailleurs, vivent des anguilles aux yeux bleus. Nourries par les touristes et les locaux qui les considèrent comme sacrées, elles sont bien ici et y restent. Et elles sont sacrément grosses et ondulent comme des serpents, ça ne donne pas très envie d’y tremper ses pieds.

Nous arrivons sur la plus grosse côte de l’île qui mène à un belvédère. Tinau nous a prévenu de prendre de l’élan pour arriver à monter avec sa voiture. En effet, ça ralentit un peu mais ça passe facilement. En haut, nous profitons d’un joli panorama sur la baie de Maroe et Huahine Iti derrière. Nous redescendons de l’autre côté et traversons le pont qui mène à la petite île.

Nous y trouvons un spot de rêve pour le pique-nique, banc ombragé face au lagon turquoise. Nous mangeons nos sandwichs en ne cessant de nous répéter que c’est incroyablement beau. Nous allons ensuite prendre le dessert « Chez Tara », un restaurant un peu plus loin qui lui aussi bénéficie d’un cadre sympa.

Après cette pause sucrée, nous rejoignons la pointe Hiva, son marae et sa jolie plage recommandée par Tinau. A part quelques locaux qui papotent sous les arbres, il n’y a que nous. Nous enfilons maillots et masques et c’est parti pour une séance de snorkeling. Et ici, nous sommes gâtés avec des coraux nombreux cachant des tas de poissons de toutes couleurs et toutes tailles à admirer. Léonie et Marceau prennent beaucoup de plaisir à nous accompagner et dénicher les poissons avant nous. Gaspard vient aussi parfois mais n’est pas toujours concentré sur ce qui se passe sous lui.

Après cette jolie activité, nous reprenons la voiture et les trois s’endorment aussitôt. Tout le long de la route, je ne cesse de m’émerveiller des paysages qui s’offrent à nous. Huahine est une île splendide avec un lagon d’un bleu hypnotisant. Nous poursuivons notre tour de l’île, nous perdant volontairement dans les pistes secondaires.

Nous sommes de retour en fin d’après-midi à la pension. Nous profitons ensuite tranquillement de la terrasse de notre logement. Huahine est vraiment un gros coup de coeur pour nous. Une île magnifique, très préservée, encore sauvage. Ici, encore plus qu’à Moorea, tout le monde nous salue d’un « Ia Orana » dans la rue et nous sourit. Les gens semblent vraiment cools et cela se voit jusque dans leur tenue, ainsi de nombreuses femmes travaillent en paréo par exemple.

Commentaires

  1. PECHEUR Isabelle says:

    Quelle belle étape dans votre tour du monde! Paradisiaque….n’est pas exagéré.
    On se glisserai bien dans vos bagages pour profiter des paysages et des lagons!!
    Aurez vous l’envie de repartir??
    Bonne continuation

    1. Repartir oui pour ma part mais pour un mois, un mois et demi. Pour Manu, elle serait repartante!

  2. Amélie says:

    Loën n’arrête pas de me dire « moi aussi je veux nager avec les gentils requins 🦈 » Louison rétorque « moi aussi » (il veut tou faire comme son grand frère) et moi qui me dis que oui c’est mon rêve un jour et que je les y emmènerai !!! Seul François fait la grimace 😬
    Objectif été 2025 🏝🐠☀️🤞

    1. Je comprend la grimace de François. La distance est énorme à parcourir. Mais que c’est beau ! Que c’est beau ! Tu vois ton rêve, tu le visualises bien!?!! eh bien je te confirme que c’est encore mieux! 😍

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