Monteverde, la forêt des nuages

Lundi 3 janvier

Une journée sous le signe de l’attente !

8h du matin, nous appelons UPS Costa Rica dès l’ouverture pour avoir des nouvelles de notre colis car le suivi sur Internet annonce toujours qu’il est bloqué pour « adresse incorrecte ». Nous avons pourtant donné celle de l’hôtel, c’est on ne peut plus simple à trouver.

Après dix bonnes minutes d’attente, une charmante réceptionniste me confirme que nous pouvons être livrés cet après-midi, sans plus de précisions pour l’horaire. Elle renote l’adresse de l’hôtel. Le livreur appellera juste avant. Nous raccrochons optimistes mais n’osons pas encore prévoir la reprise de notre périple.

Petite session courses et parc de jeux en matinée puis école, déjeuner et temps calme à l’hôtel pour être sûrs d’être présents quant le livreur passera.

Vers 16 heures, toujours personne. Nous ne nous inquiétons pas trop car elle a dit ce matin qu’ils livraient jusqu’à 19h. Mais comme nous espérons vraiment quitter San José demain, je rappelle UPS par principe. Et là surprise, notre livraison a été annulée car il y en avait trop aujourd’hui. Mais évidemment personne ne nous a prévenu. Ils l’ont reprogrammée à demain mais ne peuvent pas dire si ce sera le matin ou l’après-midi. Génial !

Je demande s’il est possible de venir chercher notre lettre sur place car nous devons partir demain matin. Oui mais ils ferment à 17h30. Ni une, ni deux, je saute dans un Uber. On passera sur le chauffeur peu aimable qui refuse de m’attendre cinq minutes sur place alors que j’aurai payé son temps d’attente.

Colis récupéré en moins de trois minutes auprès d’une dame pas plus aimable. Petit soupir de satisfaction puis je reviens sur terre et me demande comment je vais rentrer à l’hôtel. Je suis à cinq kilomètres, dans une zone industrielle, nous avons traversé des grosses routes pour venir, y aller à pied ne me semble pas raisonnable. Il n’y a aucun taxi par ici. Et je n’ai pas de 4G pour commander un autre Uber (la carte sim du Costa Rica est dans le téléphone de JC).

Je demande sans trop y croire à la gardienne du quartier si elle peut me partager sa connexion internet. Et elle me tend son téléphone et me répond que si je sais faire, c’est avec plaisir. Hourra! Je rentre avec un chauffeur bien plus gentil qui me partagent ses coins sympas dans le pays. Mes deux dernières rencontres me rassurent sur les costaricains.

Dernière session jacuzzi puis on commande des pizzas pour fêter la reprise de nos aventures demain. Nous passons une bonne partie de la soirée à s’organiser pour le bus et le logement. Nous le savions mais vraiment le budget n’est pas le même ici. Et ça complique les choses !

Mardi 4 janvier

Une autre journée peu palpitante !

Nous traînons un peu le matin puis refaisons les sacs à la fois contents de reprendre l’aventure et un peu nostalgiques de quitter le confort de cet hôtel pour retrouver notre vie plus roots.

Nous déjeunons sur le trottoir devant la station de bus (masque obligatoire donc on ne peut pas manger dedans). Puis c’est parti pour quatre heures et demi de bus. Les enfants sont cools. La petite pause au milieu du trajet est bienvenue mais franchement les trajets, on gère maintenant.

Arrivée à Santa Elena vers 19h, il fait nuit. L’auberge de jeunesse est à moins d’un kilomètre, nous y allons donc à pied. Le village est très vallonné mais nous sommes plutôt dans le sens de la descente donc ça va. L’accueil est chaleureux, la chambre est petite mais il y a une grande cuisine commune.

Nous avons acheté un paquet de pâtes avant de partir de San José et vous ne pouvez pas imaginer comme de simples nouilles (ketchup-fromage quand même) nous font plaisir à tous les cinq ! Et demain, nous allons pouvoir faire cuire des légumes. On ne pensait pas que ça nous manquerait autant !

Mercredi 5 janvier

Nous avons mis le réveil pour être sûrs d’être au petit déjeuner dès l’ouverture car nous avons un shuttle qui vient nous chercher à 8h. Direction le parc national « Monteverde Cloud Forest Biological Reserve ».

D’ailleurs, anecdote intéressante le nom du parc est le plus souvent donné en anglais comme beaucoup de choses ici. Les locaux nous parlent très souvent d’abord en anglais avant même d’essayer l’espagnol. Et ça nous énerve un peu d’ailleurs !

Le petit déjeuner de l’auberge est très bon, constitué du typique pinto, mélange de riz et haricots, de bananes plantains et d’œufs brouillés. Nos trois loulous sont de vrais fans des oeufs brouillés donc ça passe très bien. Gaspard adore le mélange riz-haricots. Ils complètent avec une tartine de pain à la confiture et un verre de lait et quand il y en a, de la pastèque. Et nous, nous sommes maintenant bien habitués à ces petits-déjeuners salés.

Le chauffeur est en avance, mais heureusement nous sommes prêts. Une dizaine de minutes de route chaotique plus tard, il nous dépose devant l’entrée du parc national. Nous nous délestons de 50 dollars (25 par adulte), décidément on nous avait prévenu mais tout se paye cher ici. Et encore, nous n’avons pas pris de guide, car en anglais ou en espagnol, cela aurait été long pour les enfants.

Nous prenons en photo le plan des sentiers, que l’on peut enchainer à sa guise pour se créer sa propre randonnée. Pas de chance, le pont suspendu qui est l’un des attraits du parc, est fermé en ce moment. Nous nous centrons donc sur les deux autres points d’intérêt, un mirador offrant une vue panoramique et une cascade. Au total, nous parcourons tranquillement sept kilomètres à travers la forêt tropicale en quatre heures environ.

Lorsque nous arrivons au mirador, la vue est dégagée sur la montagne et le lac Arenal, offrant un joli panorama. Cinq minutes plus tard, les nuages ont envahi la vallée et on ne voit plus rien, contraste impressionnant. La cascade est sympa mais on ne peut pas l’approcher ni s’y baigner.

Ne sachant pas s’il était autorisé d’emmener son pique-nique dans le parc (c’est interdit dans d’autres), nous avons juste prévu de quoi grignoter des gâteaux secs et bonbons. Finalement, nous n’avons pas été contrôlés et avons vu plusieurs groupes pique-niquer.

Du côté des animaux, petite déception, nous n’avons pas vu grand chose. Quelques insectes et oiseaux, JC et Léonie ont vu un raton laveur et Marceau et moi avons aperçu un agouti et nous avons croisé un coati sur le parking. Dommage!  Peut-être qu’avec un guide, nous aurions vu plus.

Notre chauffeur est de retour à 14h pour nous ramener à l’auberge de jeunesse. Nous ressortons ensuite dans le centre de Santa-Elena faire des courses pour le dîner. Nous en profitons pour prendre le goûter sur un stand de pâtisserie, dont un cheesecake à la cacahuète très sympa.

De retour à l’hôtel, les enfants jouent dans la cour. Il y a une rampe inclinée pour monter au premier étage qui fait leur bonheur. Ils la dévalent en courant mais aussi en mode luge sur leurs couvertures. Il y aussi des chats avec qui jouer. Nous faisons ensuite quelques parties de Uno en attendant que les brocolis cuisent et nous dînons tranquillement dans la cuisine commune.

Jeudi 6 janvier 

Pas de réveil ce matin et nous nous levons un peu plus tard. Petit déjeuner identique à hier qui convient à tout le monde.

Nous avons abandonné l’idée d’aller dans l’un des nombreux parcs aventures que compte la région. Nous visions une balade dans la canopée sur ponts suspendus mais les tarifs sont vraiment exorbitants et nous avions peur d’être déçus (95€ l’entrée pour la famille, juste les ponts).

A la place, nous avons une autre randonnée au programme. Encore sept kilomètres aller-retour depuis l’auberge pour atteindre la cascade Los Murcielagos, de l’autre côté du village. A six dollars l’entrée par adulte, ce n’est pas gratuit mais c’est l’une des activités les moins chères du coin! Et ça valait vraiment le coup.

Nous avons passé une bonne heure au pied de la cascade complètement seuls. Les enfants se sont trempés les pieds, ont escaladé les rochers, jeté des cailloux et des bâtons dans la rivière. Un joli moment de liberté.

Sur le retour, nous nous sommes arrêtés déjeuner au « Choco Café », une pause bien méritée après la grimpette, où nous avons très bien mangé. En attendant nos plats, nous apprenons les galères des copains avec le covid en France et nous savourons encore plus fort notre moment présent.

De retour à l’auberge, les enfants jouent dehors comme la veille et nous cherchons à nous organiser pour la suite. Notre technique de tout prévoir en dernière minute ne marche pas très bien ici. Nous devons revoir nos plans et changer de direction pour ce week-end, nous devons aussi faire pas mal de compromis sur les hébergements et les activités. C’est le jeu dans ce pays bien plus touristiques mais cela nous frustre un peu.

Alors que nous sommes en train de réfléchir à tout cela, Jimena, l’une des gérantes de l’auberge, vient nous annoncer qu’elle nous a trouvé un guide parlant français pour un tour nocturne à la recherche d’animaux sauvages. Nous hésitions à y aller avec un guide parlant anglais ou espagnol, de peur que les enfants s’ennuient et perturbent le groupe. Mais là, un tour privé en français, nous sautons sur l’occasion et sortons les dollars ! Et oui, ici tout ce qui est touristique se paye en monnaie américaine….

Vers 17h45, un taxi nous emmène jusqu’au parc où cela se passe. Nous faisons la connaissance de Nestor, il est très gentil et parle très bien français même s’il lui manque un mot de temps en temps. Il nous distribue des lampes, il fait nuit noire et les étoiles scintillent au-dessus de nos têtes.

Les deux heures de balade passent vite. Nous suivons Nestor dans les sentiers. Se balader la nuit dans cette forêt mystérieuse est une expérience vraiment unique. Nous avons la chance de voir pas mal d’animaux : des jolis colibris dont un violet, d’autres oiseaux plus gros, des grenouilles, des araignées, des vipères (dont il nous précise qu’elles sont très venimeuses mais qu’il a tout ce qu’il faut au cas où) et une maman paresseux avec son petit.

Nous les observons de près grâce à son télescope et nous pouvons même faire quelques photos souvenirs. Les enfants sont intéressés et restent silencieux. Léonie particulièrement qui suit Nestor à la trace. Les garçons font des pauses en porte-bébé car mine de rien, on marche pas mal et il y a un peu de dénivelé. Mais ils apprécient aussi beaucoup se balader avec leurs lampes.

Nous rentrons dîner à l’auberge, ravis de cette soirée, et faisons la connaissance de deux québécoises en vacances. Elles jouent avec Gaspard pendant que je réchauffe le diner. Il semble apprécier ses baby-sitters. Puis nous échangeons autour du voyage. C’est toujours un plaisir ces discussions avec d’autres voyageurs.

Commentaires

  1. Mamire says:

    Géniale cette balade nocturne ! Les enfants (surtout Léonie) auront du mal à reprendre l’école à la française…quelle chance de vivre des moments aussi exceptionnels en famille! Plein de bisous

    1. Il faudra pourtant reprendre un jour l’école pour les enfants. Pour le moment, c’est surtout celle de la vie!

  2. J’aime beaucoup les balades en forêt la nuit. J’en ai fait en France, les animaux étaient moins impressionnants. 😉

    1. C’est en effet une autre manière de découvrir la faune quand elle est plus active (serpents) ou quand elle dort (oiseaux).

  3. Canon tous ces récits ! C’est un régal de te lire !

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