On the road again : Yosemite

Jeudi 24 mars

Nous partons explorer notre premier grand parc aujourd’hui, Yosemite. Avec seulement 15 jours devant nous et vu comment les parcs nationaux sont éloignés les uns des autres, nous avons dû faire des choix. Nous commençons donc par Yosemite, l’un des plus vieux et plus grands parcs américains. En cette saison, une partie du parc est fermée à cause de la neige et cela complique un peu l’organisation. En effet, seule l’entrée du côté est est ouverte, rendant impossible la traversée complète du parc et obligeant à un gros détour pour rejoindre la Death Valley par exemple.
Nous arrivons à l’entrée du parc vers 10 heures mais il reste encore une grosse demi-heure de route pour atteindre le coeur de la Yosemite Valley, point de départ de nombreuses randonnées. Nous nous arrêtons à un premier point de vue puis un second, tous les deux assez jolis. La foule au second nous surprend. Qu’est-ce que ça doit être l’été !
La première balade que nous avions repérée est fermée pour travaux. Nous poursuivons notre chemin en camping-car jusqu’au cœur de la vallée. Une fois une place de parking assez grande trouvée, nous préparons un pique-nique et commençons notre première balade. Direction Yosemite Falls, les cascades les plus importantes du parc. La plus haute est visible dès le parking et est vraiment impressionnante. La randonnée pour s’y rendre est classée difficile avec beaucoup de dénivelé, nous ne nous y risquerons pas avec les enfants. Nous nous contentons de la balade qui rejoint la partie basse, Lower Yosemite Fall Trail, une petite boucle de deux kilomètres que nous parcourons tranquillement. Il fait beau et assez chaud pour être en tee-shirt. On s’amuse à faire des photos rigolotes avec JC.
Arrivés tout près de la cascade, les projections sont importantes et il fait bien plus frais. Nous trouvons une place au soleil un peu plus loin pour déjeuner et étudions la suite du programme.
Les autres randonnées ouvertes qui nous intéressent sont plus longues et il est donc trop tard pour en commencer une seconde. Avec les enfants, nous doublons toujours le temps estimé et comme nous devons sortir du parc pour trouver un endroit où camper ce soir, nous remettons à demain.
Par principe, nous allons voir le seul camping ouvert à l’intérieur du parc actuellement, qui affiche complet depuis des semaines. Un gros panneau confirme qu’il est plein mais nous profitons de la station de vidange gratuite au passage. Nous opérons un petit repérage des parkings du secteur pour demain et prenons le chemin de la sortie. Presque une heure de route pour passer les points de contrôle du parc et pouvoir trouver un spot pour la nuit.
Quelques minutes plus tard, nous remarquons un attroupement sur le bas-côté et JC me dit que les gens ont peut-être vu un ours. Je rigole et répond qu’aussi près de la route cela m’étonnerait mais peut-être un autre animal. Nous passons au ralenti et tout d’un coup je le vois, c’est vraiment un ours à une trentaine de mètres de la route. Incroyable ! Nous laissons le camping-car au bord de la route et descendons avec les enfants. Ils sont excités et impressionnés de voir un ours d’aussi près en liberté. Il y a pas mal de monde autour et j’ai Gaspard à bras donc impossible d’avoir une photo correcte. L’ours se rapproche dans notre direction et bien que personne ne semble s’inquiéter autour de nous, JC me rappelle que les règles de sécurité sont de s’éloigner si l’ours est à moins de cent mètres. La foule rassure mais nous ne voulons pas prendre de risques idiots.  Nous reprenons la route, ravis de cette rencontre.
Nous avons repéré plusieurs options pour ce soir sur Ioverlander sur une petite route. Nous la parcourons tranquillement pour évaluer les lieux. Les premiers spots sont dans une forêt de pins, calme et plutôt sympa. Puis nous repérons un endroit encore mieux, en haut d’une petite colline avec une vue panoramique mais malheureusement déjà occupé par un camping-car. Nous pourrions nous installer à côté mais comme il est encore tôt, nous cherchons un peu plus loin. Jusqu’à trouver l’emplacement parfait, le rêve du camping sauvage, une clairière vaste, vue dégagée sur les arbres en contrebas, orientée pour le coucher du soleil, personne aux alentours et cerise sur le gâteau, un foyer déjà prêt pour le feu. Nous nous installons avec bonheur et les enfants commencent à ramasser du bois.
Nous les faisons patienter un peu avec un goûter et des dessins puis JC allume le feu sous les exclamations de joie de la Tribu.
Un couple arrive et demande s’ils peuvent camper dans le coin qu’ils trouvent « awesome ». Ils s’installent à l’opposé de nous et nous ne les voyons même pas depuis notre table. Nous dînons dehors et profitons de notre feu de joie avant d’aller nous coucher. Une très belle soirée pour finir cette belle journée.

Vendredi 25 mars

Nous quittons notre campement un peu nostalgiques, pas sûr qu’on arrive à trouver aussi bien ces prochains jours. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de l’entrée du parc où nous montrons notre billet. Quarante-cinq minutes de route plus tard, nous nous garons au même endroit qu’hier, c’est le mieux qu’on ait trouvé pour un gros véhicule comme le nôtre. Nous remarquons une caravane avec ses cales, suspectant de fait que ses propriétaires aient dormi là. Pourtant un gardien confirme à JC que c’est interdit dans le parc hors des campings prévus. De toute façon pas de regrets pour la route, nous étions tellement bien hier soir.
Une fois le pique-nique dans le sac, nous allons attendre la navette gratuite pour nous conduire au point de départ de la randonnée choisie. Moins de cinq minutes plus tard, elle passe devant nous sans s’arrêter malgré nos gestes. JC remarque alors que l’un des panneaux de l’arrêt est recouvert d’un sac poubelle et suppose logiquement que la navette ne s’y arrête plus. Les horaires sont encore affichés pourtant. Dommage ! Qu’à cela ne tienne, nous partons à pied par le chemin d’hier, rallongeant consciemment de quatre kilomètres une randonnée qui en faisait déjà huit. Nous sommes confiants, il est tôt, les enfants sont en forme.
La première partie se passe en forêt, les pins sont omniprésents. Notre petite Tribu ramasse bâtons et pommes de pin, invente des histoires. Il y a également de très nombreux rochers sur le chemin qu’ils escaladent une fois sur deux rendant notre progression encore plus lente que prévue. Ce n’est pas grave, on profite du moment présent, il fait beau et la température est parfaite pour randonner, estivale sans avoir trop chaud.
Les falaises abruptes à notre gauche cache parfois une cascade que l’œil aiguisé de Léonie repère toujours en premier. Gaspard alterne marche, porte-bébé et bras quand on veut avancer un peu. Un peu plus loin, nous traversons plusieurs ruisseaux en équilibre sur des grosses pierres, un exercice qui amuse beaucoup les enfants.
Nous arrivons vers midi et demi au Mirror Lake, milieu de la randonnée et nous nous installons pour pique-niquer. Pas d’effet miroir pour nous mais les falaises autour rendent le lieu assez magique.
Nous reprenons notre chemin, Marceau a un peu moins d’entrain et il a besoin d’encouragements pour avancer. Nous alternons les histoires avec JC, cela marche très très bien pour les faire marcher sans pause tous les dix mètres. Nous atteignons Tenaya Creek Bridge, le point le plus à l’est de notre randonnée après huit kilomètres, nous nous y arrêtons quelques minutes. Il nous reste quatre kilomètres pour terminer ce sentier et rejoindre la navette qui nous ramènera au parking. Nous longeons la rivière presque tout du long, nous demandant une plus grande surveillance notamment de Gaspard.
Nous arrivons au bout sans trop de difficultés mais mauvaise surprise, la navette a été déplacée un kilomètre plus loin ! Un petit bout de chocolat pour remotiver les troupes et on est reparti. Un kilomètre après, pas d’arrêt de bus alors nous continuons à marcher et arrivons sur un nouvel arrêt supprimé. Nous finissons par nous rendre à l’évidence, il va falloir rentrer à pied jusqu’au camping-car. Cette dernière partie se fait sur la route et nous semble bien longue. JC porte Gaspard et occupés par les histoires que j’invente, Léonie et Marceau marchent sans se plaindre ou presque. Nous atteignons finalement le parking après seize kilomètres et demi de randonnée, record du voyage. Nous sommes sacrément fiers de notre Tribu.
Les enfants sont fatigués mais ne s’endorment même pas sur la route. Nous quittons le parc par une autre route et nous arrêtons une heure plus tard sur le parking d’un petit parc de jeux pour la nuit. Les petits ont retrouvé de l’énergie et vont s’amuser dans les toboggans pendant que je prépare le dîner. Trois autres enfants sont là qui essaient de leur parler, Léonie et Marceau râlent qu’ils ne comprennent rien et répondent en français, que les autres ne comprennent pas plus. Il va falloir qu’on fasse de l’anglais intensif pour la fin du séjour.
Nous dînons à l’intérieur car il fait plus frais ce soir. Alors qu’on se prépare à aller se coucher, quelqu’un frappe à la porte, j’ouvre, forcément un peu inquiète qu’on nous demande de partir. En fait, c’est une femme qui cherche son frère et demande si nous sommes là pour la fête d’anniversaire demain. Effectivement pour nous ce sera les deux ans et demi de Gaspard mais à priori pas de grosse fête prévue ! Je demande à quelle heure cela commence, pour qu’on quitte les lieux avant, et elle hésite à répondre. Jc pense qu’elle a cru qu’on voulait s’incruster…

Commentaires

  1. Siegrid says:

    Superbe parc : El Capitan et les séquoias….Que de souvenirs pour moi. Et vous avez eu de la chance de voir un ours. Je me souviens bien de toutes les recommandations et photos exposées pour nous avertir de la dangerosité des « bestiaux » 🤣. Il fallait mettre nourriture et produits d’hygiène dans des gros coffres en fer ..

    1. Chance de voir un ours mais méfiant quand même au vu de la proximité…

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