L’ascension du volcan Pacaya

Dimanche 28 novembre

Joyeux anniversaire à ma marraine ! L’avantage du décalage horaire, c’est que je lui ai fêté en me couchant et suis sûre d’être la première.
Ce matin, c’est pancakes au petit-déjeuner, miam ! Et toujours au soleil dans le patio, nous traînons donc à table. Les enfants jouent autour pendant que nous faisons des recherches pour la suite de nos aventures. Avec les frontières plus ou moins fermées, les conditions d’entrée, test ou pas, à quel âge…, cela s’annonce compliqué de prendre une décision.
Je finis par partir faire un tour au marché avec Gaspard. Léonie et Marceau préfèrent rester jouer et JC ne se sent pas en super forme niveau estomac donc cela l’arrange de rester se reposer en prévision de l’aventure qui nous attend cet après midi.
A notre retour, nous pique-niquons dans le patio puis allons attendre notre minibus devant l’hôtel. Encore une fois, nous sommes les premiers à monter, il est même en avance. L’avantage c’est que nous pouvons choisir nos sièges. L’inconvénient c’est qu’on perd une demi heure le temps de récupérer les autres passagers. Le centre d’Antigua est entièrement pavé, alors ça secoue franchement. Puis, nous avons une heure et demie de route pour rejoindre le parc national du volcan Pacaya.
Le Guatemala possède 37 volcans dont 3 sont encore actifs : le Fuego, le plus actif des trois, le Santiaguito et le Pacaya. L’excursion la plus populaire consiste en l’ascension d’un autre volcan, endormi celui là, l’Acatenango, presque 4000 mètres d’altitude en deux jours pour assister au lever du soleil et aux éruptions régulières du Fuego. Cela nécessite une bonne condition physique pour grimper et de passer la nuit sur un camp à 3600 mètres d’altitude, dans des contions plutôt sommaires. Pas réalisable avec nos enfants donc. Petit regret mais il est aussi possible de réaliser l’ascension du volcan Pacaya.
Et cela semble plus simple puisque c’est une randonnée sur l’après midi seulement. Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre en terme de difficulté. Nous connaissons une famille qui l’a fait avec leurs filles qui sont plus grandes et ils ont trouvé cela quand même un peu difficile pour elles. Les agences de voyage d’Antigua vont du « un poco dificíl » à « no problemo ». Nous savons qu’il est possible de monter une grosse partie à cheval et que des chevaux suivent les randonneurs sur la première moitié pour ceux qui en auraient finalement besoin. Alors on se lance et on avisera.
Arrivés au parking à 1700 mètres d’altitude, nous faisons la connaissance de nos guides, un pour guider devant, un pour fermer la marche. Ils nous expliquent le programme : trois kilomètres et demi et environ une heure et demie de montée pour attendre la plateforme à 2200 mètres d’altitude. Le sommet du volcan culmine à 2552 mètres mais pour des raisons évidentes de sécurité puisqu’il est toujours actif, on ne peut pas aller jusqu’en haut. Le ton est donné, nous ne faisons pas les malins, sept kilomètres de randonnée en quelques heures et 500 mètres de dénivelé à grimper avec trois enfants et le souvenir du mirador de Semuc Champey dans les jambes, ça promet. Le guide demande qui veut prendre un cheval mais nous déclinons, nous voulons au moins essayer de débuter sans.
Il faut d’abord payer l’entrée au parc national, 50 quetzales par adulte, non comprise dans le prix de l’excursion. Puis, on se met en route. Gaspard rejoint vite le porte bébé car ça monte déjà. Ma vitesse en prend aussitôt un coup. Mais je suis les conseils de JC, petits pas à  mon rythme. Nous sommes déjà à la traîne du groupe, suivis par Benjamin, le second guide.
Nous faisons tenir Marceau à coup de gâteaux secs mais au bout d’un kilomètre environ, il n’en peut plus et rejoint le dos de son papa. Nous souffrons un peu mais finalement moins qu’à Semuc Champey où les escaliers et le guide un peu plus pressant nous imposaient un rythme plus intense. De nombreux cavaliers nous proposent leurs chevaux au son de « taxi amigo ? ». La première partie est assez difficile puis nous arrivons dans une zone boisée où la montée est moins raide. Léonie monte courageusement, râle de temps en temps qu’elle est fatiguée puis repart en courant après une micro pause. Elle nous épate encore une fois.
Les chevaux font demi tour puisque nous ne voulons pas d’eux. Plus le choix, si on veut aller au bout, il faudra y arriver seuls. Nous faisons quelques pauses pour souffler et admirer le paysage et Benjamin nous décrit les différents volcans du Guatemala.
Nous sommes maintenant sur le champ de lave. Imaginez de gros cailloux noirs entremêlés d’une sorte de sable foncé et il faut continuer à grimper là dedans. Nous glissons, faisons de la poussière en marchant. Marceau redescend du porte bébé pour continuer à pied. Nous serrons leurs petites mains pour prévenir les chutes. Nous enfilons les gilets car il y a du vent et la température a bien chuté.
Nous l’avons fait, nous sommes arrivés à la plateforme. Nous sommes fiers de nous et surtout de notre Léonie. Le reste du groupe est arrivé depuis un bon moment et fait cuire des chamallows sur les roches brûlantes quelques centimètres sous la surface. Nous allons d’abord faire quelques photos et profiter de la vue sur les volcans Agua au premier plan, Acatenango et Fuego au fond que l’on voit parfois fumer et cracher un peu de lave. Quel spectacle !
Nous mettons nos kway car il fait vraiment plus froid. Puis, nous allons nous aussi nous essayer à la cuisson des chamallows à même le volcan. Le dégagement de chaleur à cet endroit est impressionnant et l’on ressent la puissance du volcan sous nos pieds. Nous le voyons aussi fumer au dessus de nos têtes.
Il est temps de redescendre car la nuit tombe, nous avons du chemin à faire et le minibus va nous attendre. La descente de cette première partie n’est pas évidente, les cailloux de lave roulent sous nos pieds. Petit à petit, le soleil disparaît complètement et nous devons sortir la lampe de poche pour continuer à avancer. Nous sommes seuls tous les cinq, Benjamin ne nous suit plus depuis le début de la descente. C’est là que nous observerons à plusieurs reprises le Fuego cracher sa lave. Encore une fois, nous sommes émerveillés par ce spectacle de la nature.
Nous terminons de descendre, Marceau aura marché tout le long et Gaspard une bonne partie. Nous arrivons au parking, fourbus mais si contents de cette incroyable expérience.
Dans le minibus du retour, nous savourons la chance que nous avons d’être là tous les cinq. Le Guatemala nous aura offert de sacrées aventures pour cette première semaine, des pyramides majestueuses de Tikal à l’ascension d’un volcan en passant par les piscines naturelles de Semuc Champey.
Nous arrivons tard à Àntigua. Nous prenons le temps d’organiser notre trajet de demain avec Marta. Puis nous grignotons dans notre chambre avant d’aller nous coucher, épuisés mais heureux.

Commentaires

  1. Chico says:

    Super reportage! Et bravo pour l’ascension. Profitez en les copains !

    1. Oui on vit des trucs hors normes. Tu en sais quelque chose 😉

  2. Mamire says:

    Super petits aventuriers et leurs parents! Très fière des boutchoux ! Plein de bisous! Quelle suite à ce beau programme car effectivement compliqué avec le Covid qui ne s’éteint pas lui non plus….

    1. On va surement se tourner vers le Salvador pour se diriger vers le Nicaragua mais rien n’est fait. Quasi au jour le jour!

  3. Coutin laurent says:

    Magnifique ! Vos superbes randonnées nous donne envie d’aller au Guatemala.
    Profitez bien!

    1. Eh bien faut pas hésiter, faut venir !😉

  4. PECHEUR Isabelle says:

    Bravo à vous !
    Le guatemala semble très attirant.
    De beaux paysages, de belles excursions et de grandes aventures.
    J’espère que vous trouverez de quoi poursuivre vos aventures malgré les circonstances .
    Bonne continuation

    1. On s’adapte et on a le regard rivé sur les infos et les frontières. Tout roule pour nous.

  5. Sandrine. says:

    Super ! Magnifique. De belles images gravées dans vos mémoires. Oui les enfants sont étonnants, pleins de ressources.

    1. Léonie est la plus athlétique de la famille. On aurait dû penser la vetir d’un porte bébé parfois pour nous aider à porter les gars 😉

  6. Julien Fonteneau says:

    Hola la tribu,

    Maravilloso lo que puede ofrecer la naturaleza. Subi el Acatengo y es muy dificil. En la noche, hubo un frio terrible. Felicito a sus hijos porque son aventureros increibles. Van a ir al lago Atitlan?

    Salvador es seguro?

    Un beso

    1. Oui le lac Atitlán est joli! Les photos te rappelleront des souvenirs.
      Après on envisage le Salvador mais on surveille le Covid et son évolution un peu partout…

  7. Amélie says:

    Ça me rappelle l’Islande ces paysages volcaniques 😊
    Très enrichissant pour les enfants de voir la Terre respirer.

    1. Oui même pour nous, voir un volcan expulser de la lave sur plusieurs dizaines/centaines de mètres, c’est une première.

  8. Simon et Laëtitia says:

    Magnifiques paysages!!! Wahou! Les loulous sont super courageux! (Et vous aussi 😉)

    1. Ils nous épatent tous les jours !

  9. Magali Carron says:

    Et ben je découvre votre blog par hasard! Bravo pour votre lâcher-prise!!! Ça fait rêver 🙂

    1. Merci ! On a qu’une conseil il faut oser !

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