Medellin, l’anéantissement d’un passé violent

Mercredi 9 février

Nous passons la nuit dans le bus entre Carthagène et Medellin. Bonne nouvelle par rapport au Mexique, ici ils ne nous font pas descendre en pleine nuit. Autre bon point, le bus n’est pas très rempli et chacun peut donc incliner son siège comme il le souhaite. Et bien qu’il y ait pas mal d’enfants, la nuit est calme. Les nôtres dorment plutot bien malgré quelques réveils. Pour nous, c’est plus difficile et la nuit est plutôt faite de microsiestes entrecoupées de période de somnolence et de francs réveils.

C’est donc un peu décalqués que nous débarquons à Medellin vers dix heures du matin. Nous allons directement prendre le métro pour rejoindre l’hôtel. Medellin est une grosse ville, la deuxième plus peuplée du pays, et dispose d’un réseau de transports en commun bien développé. Plusieurs lignes de trains et de métrocâbles relient les différents quartiers de la ville et il est assez facile d’y circuler.

Je demande mon chemin au guichet, achète une carte rechargeable et en route. Nous avons juste été surpris qu’il faille payer à l’unité chaque trajet. Il n’existe pas ici de carte à la journée ou à la semaine.

Coup de chance en arrivant à l’hôtel, la chambre est déjà prête. Nous qui rêvons de nous reposer, ça tombe bien. JC et les garçons restent jouer pendant que Léonie et moi allons faire quelques courses. Nous déjeunons sur place avant d’entamer une activité sieste. Les enfants mettent du temps à s’endormir mais finalement tout le monde dort et les derniers ne se réveillent que vers 17h. Trop tard pour une grande sortie, nous allons quand même explorer le quartier à pied. Nous trouvons un parc où les enfants peuvent se défouler un peu. Même s’il n’y a pas d’aire de jeux, ils sont contents de courir et de jouer avec nous.

Nous dînons dans la chambre d’hôtel, réactivant le mode repas sur le pouce à base de légumes et fruits crus associés à des conserves. Puis nous allons nous coucher presque sûrs de faire une meilleure nuit que la précédente.

Jeudi 10 février

La nuit a effectivement été bonne et nous sommes tous en forme pour aller découvrir Medellin. Du moins une partie car la ville est grande. Mais d’abord, petit petit-déjeuner au café du coin de la rue, puisqu’il est inclus dans la nuit d’hôtel. Nous retrouvons les classiques œufs-arepas (sorte de crêpe de maïs typique de Colombie) dont il faut l’avouer, nous adultes, avons un peu marre mais aussi du vrai jus d’orange qui, lui, fait plaisir.

Nous partons ensuite explorer la Comuna 13, probablement le quartier le plus populaire et le plus symbolique de Medellin. Un quartier défavorisé, l’un des plus violents au monde à la fin des années 90 – début 2000, où le trafic de drogues régnait en maître, devenu un attrait touristique majeur de la ville. Des investissements publiques importants et une volonté de ses habitants de changer le cours de l’histoire ont transformé le visage de ce quartier en un spot de street art de première catégorie.

Nous prenons donc le métro puis le bus pour rejoindre la Comuna 13 depuis le quartier de Laureles où nous logeons. En chemin, nous rencontrons une famille française qui débute un périple de 6 mois en Amérique du Sud avec deux enfants de 6 et 10 ans. Nous discutons un peu et envisageons de boire un verre ou dîner ensemble ce soir pour partager nos expériences.

Nous avons choisi de faire la visite par nous même à cause des enfants qui sont petits pour suivre un guide, mais il est encore plus intéressant de le faire avec quelqu’un du quartier qui vous contera anecdotes et histoire de cette transformation.

La comuna 13 est construite sur une colline, il y a donc un sacré dénivelé entre le bas et le haut du quartier. Mais parmi les investissements effectués, la construction d’escalators facilite grandement la promenade et amuse beaucoup les plus jeunes membres de la Tribu.

Des fresques à tous les coins de mur, des spectacles de hip-hop ou des concerts de rap dans les rues, des vendeurs de souvenirs ou de nourriture, c’est un quartier extrêmement vivant que nous prenons plaisir à parcourir. Tout en gardant un certain degré de méfiance car nous savons que certains endroits peuvent être encore mal fréquentés.

Nous y trouvons même des toboggans à la place des escaliers pour descendre d’une ruelle à l’autre. Bizarrement dans ce cas de figure, les enfants remontent les escaliers plus vites que leurs ombres.

Et tout en haut, le panorama sur le quartier et plus largement sur Medellin et les collines environnantes vaut le coup d’oeil.

Après cette première visite que les enfants ont particulièrement apprécié, ils ont très envie de prendre le téléphérique ou câble aérien, particulièrement présent dans le ciel de Medellin. Alors nous reprenons bus et métro pour rejoindre la ligne de câble qui rejoint Santo Domingo puis le parc Arvi. Les petits bouts sont ravis de cette expérience. Gaspard crie « on s’envole ». Marceau a un peu peur au départ et s’accroche fort à nos mains puis il se détend et apprécie aussi le paysage. Nous observons les toits des maisons et le bazar dessus bien souvent, et les gens petits « comme des fourmis » selon Léonie.

Nous faisons un premier arrêt à Santo Domingo mais nous n’y trouvons pas trop d’intérêt. L’occasion quand même de pique-niquer dans le parc au pied du câble car les petits estomacs crient famine.

Nous reprenons une seconde cabine, qui se paie un peu plus cher que sur les autres lignes et dont le prix a, semble-t-il, beaucoup augmenté cette année (11 000 pesos par personne de plus d’un mètre). Son trajet, plus long, survole d’abord un autre quartier, offrant un panorama assez impressionnant sur la ville puis la forêt avant de nous déposer à l’entrée du parc Arvi, une forêt classée en réserve protégée.

L’entrée du parc en lui-même est payante (40 000 pesos pour un étranger) mais il est possible de trouver des sentiers de randonnée gratuits à proximité. Comme il est déjà tard, nous choisissons de débuter le sentier qui mène au Chorro Clarin, une aire de pique-nique publique au bord de la rivière. Nous faisons demi-tour avant d’arriver au bout pour être sûrs d’être de retour avant la fermeture du téléphérique car n’ayant fait que descendre jusque là, le chemin pour revenir va nous prendre plus de temps.

Finalement, les enfants marchent bien et nous sommes largement dans les temps. Nous en profitons donc pour s’offrir une pause goûter au café du parc qui sert de bonnes parts de gâteaux.

Nous reprenons le trajet en sens inverse, câble, métro puis pieds pour rentrer à l’hôtel. Il y a beaucoup de monde et nous mettons près d’une heure à rentrer.

Nous sommes contents de cette première journée de visite mais tous fatigués. Surtout Gaspard qui a beaucoup marché et pas du tout dormi. Nous décidons donc de rester dîner dans notre chambre et remettons au lendemain notre projet de restaurant entre voyageurs.

Commentaires

  1. Mamire says:

    Ouh la la, Gaspard est manchot sur la dernière photo! C’est pour apitoyer les autres touristes?
    Et quelles émotions pour les enfants dans cette cabine suspendue! Encore de bons souvenirs entre animations de rue et descente de ruelles en toboggan.
    Plein de bisous

    1. Oui on a coupé un bras de Gaspard histoire d’alimenter la vente d’organe. Ca va nous payer une partie du voyage!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.