Xela : suite et fin

Mardi 7 décembre 

Pas de programme de visite aujourd’hui. Notre seul objectif est de prévoir notre transfert pour quitter la ville demain. Et ce n’est pas si simple car nous allons sortir du circuit classique des touristes.

Le réveil est toujours aussi matinal. Après un petit-déjeuner dans notre chambre, nous nous mettons donc en route de bonne heure. Direction le terminal de bus Minerva, situé au nord-ouest de la ville. C’est à trois kilomètres de l’hôtel mais nous décidons d’y aller à pied en mode balade dans la ville. D’après ce que l’on a compris de la conversation avec la réceptionniste, c’est là-bas qu’on pourra réserver des billets de bus pour nous rendre dans notre prochaine ville.

Les enfants sont en forme aujourd’hui et marchent bien. On traverse plusieurs quartiers, passons devant le théâtre municipal. Nous croisons un sapin de Noël géant. JC en profite pour faire un arrêt dans une épicerie pour renouveler son forfait de téléphone. C’est quand même bien pratique d’avoir accès à de la 4G presque partout.

Arrivés sur place, nous comprenons notre erreur. Il n’y a pas de terminal à proprement parler mais simplement des dizaines de chicken bus garés dans la rue, entre un marché et une station-service. Plusieurs hommes nous interpellent en nous criant des noms de destination et deux viennent même à notre rencontre pour savoir où nous souhaitons aller. Nous expliquons que nous souhaitons partir demain. Ils confirment qu’il n’y a pas de réservation et que des bus partent toutes les heures, toute la journée. En résumé, on doit revenir demain matin au même endroit et quelqu’un nous indiquera le bon bus. C’est vraiment l’anarchie ici entre les étals de tout, qui s’étendent partout, les passagers chargés de cartons et les énormes bus qui passent bien trop vite.

Nous avions repéré qu’il y a un centre commercial tout près. Nous décidons d’y aller faire un tour pour essayer d’acheter les quelques bricoles sur notre liste que l’on ne trouve pas partout. Par exemple, un taille crayon car le notre a mystérieusement disparu et les enfants commencent à galérer pour colorier. Une mission facile.

Plus difficile, Léonie aurait besoin d’une nouvelle paire de baskets. Malgré la visite de nombreux magasins, nous ne trouvons pas notre bonheur. Soit les modèles sont trop fragiles, soit trop grands. Mais je me trouve un short pour remplacer celui parti en lambeaux à force d’être porté.

Les enfants apprécient l’ambiance de Noël et toutes les décorations installées dans le centre. Par contre, les tentations consuméristes sont grandes ici. Pas si simple de leur expliquer que certains produits sont loin de nos valeurs mais aussi que tout cela a un coût ou bien prend simplement trop de place dans nos bagages.

Nous faisons une pause déjeuner dans le food court du centre. Rien de typique ici mais chacun peut choisir son style culinaire. Les enfants réclament leur favori frites/nuggets. Ils vouent une passion nouvelle pour Burger King, dont ils reconnaissent le logo partout. Ceux qui nous connaissent seront étonnés ! On est plus souples ici mais c’est une marque qu’on espère bien leur faire oublier en rentrant. Pour JC, ce sera plutôt pizza. Et pour moi, cuisine asiatique, probablement pour compenser le fait qu’on ne pourra peut-être pas y mettre les pieds.

Nous reprenons la route en sens inverse en faisant un détour par un parc repéré sur Maps. Au final, rien d’exceptionnel et nous rentrons tranquillement à l’hôtel en traversant en route un autre marché. Gaspard fait une sieste dans le porte-bébé. Léonie et Marceau marchent toujours facilement, encouragés par les histoires que nous leur inventons. Ils demandent quand même régulièrement dans combien d’épisodes de Peppa Pig on arrive, leur unité de mesure personnelle pour le temps. Encore une bonne journée de marche aujourd’hui puisque nous aurons parcouru en tout environ neuf  kilomètres.

Arrivés à l’hôtel, les enfants jouent et nous nous reposons un peu. Puis, je vais préparer le dîner. La cuisine n’a pas été nettoyée depuis notre arrivée alors j’essaie de toucher le moins de surfaces possibles. Et je m’imagine à chaque instant un rat qui déboule. C’est franchement dégoûtant, heureusement qu’on quitte les lieux demain !

Mercredi 8 décembre 

Changement d’ambiance aujourd’hui ! Nous quittons Xela en direction de Retalhuleu, une ville un peu plus au sud. Mais surtout, nous disons au revoir à l’altitude et allons donc retrouver des températures tropicales.

Comme ce n’est pas une ville visitée classiquement par les étrangers, il n’y a pas de mode de transport prévu pour les touristes depuis Xela. C’est donc en chicken bus, le bus local, que nous allons rejoindre Retalhuleu, appelée Reu ici.

Nous quittons l’hôtel en taxi direction le fameux terminal visité hier. Le chauffeur de taxi est sympa, pose beaucoup de questions sur notre voyage, il propose même de nous amener jusqu’à Reu mais ce n’est pas le même budget. Il nous trouve le bon bus et nous n’avons qu’à transférer les bagages du coffre vers l’arrière de celui ci.

JC demande dans combien de temps on part et l’assistant répond dans cinq minutes. Pas le temps de compléter notre pique-nique par un tour au marché, nous grimpons. Le bus est à moitié plein et nous nous installons sur trois places cette fois puisque le trajet doit durer trois heures. A peine sommes-nous assis qu’un vendeur ambulant monte, proposant biscuits apéritifs et friandises. Nous achetons deux mini paquets de chips pour nourrir nos affamés. Il n’est que 11h mais ils ont déjà faim alors je leur prépare aussi leur sandwich au fromage. Plusieurs autres vendeurs se succèdent avec bonbons, cacahuètes, boissons ou encore glaces. Ainsi que des mendiants qui psalmodient un truc avant de passer faire la quête. JC donne nos pièces au premier puis nous n’avons plus rien pour les suivants. L’un d’entre eux particulièrement excité l’insulte en espagnol parce qu’il ne donne rien. Nous remarquons encore une fois que les guatémaltèques sont plutôt généreux.

Le bus se remplit rapidement au fil des premiers arrêts et dépasse largement le nombre de personnes prévu. Je prends Léonie sur mes genoux, en plus de Gaspard, pour faire de la place à un monsieur. Lui aussi me questionne sur notre voyage. D’autres passagers sont installés à trois adultes sur des banquettes doubles. Les derniers restent debout et se tiennent comme ils peuvent.

C’est le moment que l’assistant choisit pour le paiement, JC en profite donc pour ne payer que deux places puisque nous avons cédé notre troisième. 40 Q soit 4,60 euros pour 2h30 de trajet, on peut difficilement faire mieux.

Léonie et Gaspard s’endorment et je les maintiens de mon mieux, crispée de partout. Bonjour les courbatures à l’arrivée. Marceau, sur les genoux de son papa, regarde par la fenêtre. JC est assis de biais car ses jambes ne passent pas, les banquettes étant trop proches les unes des autres. Leur voisine s’est endormie comme un certain nombre de passagers. Les guatémaltèques nous impressionnent, comment s’endorment ils avec tous ces soubresauts ?

Le bus s’arrête dans tous les villages et l’assistant en crie le nom pour ceux qui veulent descendre et la destination « Reu, Reu, Reu » pour ceux qui attendent. Il saute en marche pour attraper un bagage, le hisse sur le toit le temps que les gens montent et tape sur le bus pour indiquer au chauffeur de redémarrer alors que lui est encore au dessus. Il redescend par l’échelle en route et revient par la porte arrière. Pendant ce temps, un ou deux vendeurs ambulants grimpent pour proposer leurs produits et redescendent quelques centaines de mètres plus loin.

A cela s’ajoute la porte avant qui reste ouverte en permanence, les fenêtres aussi d’ailleurs et la musique à fond. C’est vraiment folklorique ! Pas le plus confortable des trajets mais pour quelques heures, l’animation vaut le détour.

Peu avant notre arrivée, l’assistant nous redemande notre destination. Nos voisins nous entendent et quand on arrive près du centre de Reu, ils sont plusieurs à crier pour demander l’arrêt au chauffeur. Puis ils nous montrent du doigt la direction du parc principal. Les gens sont vraiment serviables et amicaux, c’est agréable. L’assistant, lui, est déjà sur le toit en train de nous jeter nos gros sacs qu’il a dû monter en cours de route. Nous voilà sur le trottoir en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quelle aventure !

La chaleur nous assaille, il est 13h30 et il fait près de 35 degrés ici. Nous prenons la direction du parc central où JC et moi pique niquons puisque il nous était impossible de manger dans le bus en mode sardine. Les enfants en profitent pour grignoter à nouveau.

Nous les laissons jouer un peu pour ne pas arriver trop tôt à l’hôtel puisque le check in n’est qu’à 15h. On en profite pour appeler le papa de JC, merci la 4G.

Le parc est décoré aux couleurs de Noël avec sapins, guirlandes crèche mais aussi un traîneau et ses rennes. La municipalité semble avoir les moyens ici.

Nous arrivons à l’hôtel vers 14h40 et la chambre n’est pas encore prête. Nous nous installons dans le patio pour patienter. Un cours de natation est donné dans la piscine juste devant nous. Une bonne distraction pour les enfants. Les lieux ont l’air beaucoup plus sympa que notre dernier hôtel.

A peine la chambre visitée, nous enfilons les maillots pour aller nous rafraîchir. L’eau est un peu froide au premier abord, surtout pour les enfants qui comparent aux sources de lundi ! Mais une fois dedans, ça fait un bien fou. Nous en profitons une petite heure et JC fait remarquer que se baigner en plein air en décembre c’est quand même rare pour nous.

Puis, nous partons à la blanchisserie la plus proche pour laisser une partie de nos vêtements à laver. C’est amusant car extérieurement, à part un panneau, rien ne laisse penser qu’une boutique se trouve là et on a l’impression de rentrer dans le salon de la dame. Il y a même un sapin de Noël. Elle nous donne un prix correct et nous informe que ce sera prêt demain après-midi.

Petite pause à la boulangerie pour le goûter, troisième fois de la semaine, on y prend goût. Les enfants trouvent même des meringues qui leur rappellent celles mangées chez leurs grands parents.

Nous allons ensuite faire quelques courses pour prévoir un dîner rapide dans la chambre. Quand nous ressortons du supermarché, il fait déjà nuit. Alors, nous faisons le tour du parc principal à nouveau pour admirer les illuminations de Noël.

De retour à l’hôtel, je me lance dans une lessive pour les quelques bricoles que nous n’avons pas donné à la laverie. Les enfants jouent, les garçons ensemble et Léonie dans son coin. JC essort et étend le linge. Tout à coup, on entend un bruit de chute et Léonie qui pleure franchement. JC va la voir et je sens un début de panique dans sa voix quand il me dit de venir regarder son nez.

Effectivement, elle a une belle trace et se met aussitôt à saigner des deux côtés. J’envoie vite JC chercher des glaçons à la réception et Marceau le doudou pendant que je fais pression pour arrêter le saignement et essaie de la rassurer en même temps. Cela gonfle déjà un peu. Le remake de Marceau il y a deux semaines….

Après 15 minutes de glaçons, nous mettons un dessin animé pour pouvoir mieux l’examiner. Verdict, un deuxième nez cassé (Statistiquement, c’est vraiment pas de bol. On va surveiller Gaspard!), pas de déplacement évident. On repart sur le même protocole glace et on avisera demain s’il faut consulter aux urgences. On croise les doigts que non car on a une super journée de prévue.

Après un diner rapide, tout le monde s’endort vite, même Léonie avec sa glace sur le nez. Et nous prenons le temps de finir cet article pour vous raconter presque en live notre journée. J’écris au son des détonations régulières des multiples pétards et feux d’artifice tirés ici ce soir. C’est tous les jours depuis Semuc Champey que l’on entend ces explosions à n’importe quelle heure mais je ne m’y fais toujours pas.

A très vite pour vous raconter la suite de nos aventures et vous donner des nouvelles de Léonie.

Commentaires

  1. Coutin laurent says:

    Beau voyage en bus ! On s’y croyait 😁😁
    Vous n’avez pas de chance avec le nez dans la famille! Mais ça vaut mieux que de se fracturer une incisive ( assez fréquent chez les enfants)! Encore que Leonie Marceau et Gaspard ont encore des dents de lait, donc moins grave 😉
    Bises

    1. Effectivement, ce nez rien du tout à leur âge même dent ce contexte 😏 …

  2. PECHEUR Isabelle says:

    Encore un récit fantastique et vivant ! Vous avez pensé à écrire un livre au retour ? Vous pourriez….
    Le nouvel hôtel semble très sympa en effet.
    C’est chouette de voir toutes ces décorations de Noël qui , tout en gardant les codes, nous dépaysent.
    Après avoir eu en direct (chez les auclair)le récit des aventures du nez de marceau, j ai cru mal lire en prenant connaissance de celles du nez de Léonie ! A qui le tour ?
    Bonne continuation et faites nous encore voyager !

    1. Rochelle says:

      Coucou,
      On croise les doigts pour le nez de Leonie. Demain Jacques et Thesy sont avec Chantal et Pascal en Bretagne en camping car. Pluie ce soir dans le Morbihan.
      Le bus ! Je vous admire 😊. Quel courage ça restera des moments inoubliables pour vous 5 . Belle continuation !
      Valerie Inquello

      1. Oui en effet la Bretagne rassemble pas mal les gens finalement 😊.
        On a pensé à toi, Philippe et les enfants biensûr quand on était au Mexique, pas du même côté, mais on a vécu un petit peu votre quotidien de jadis 🤗.
        Merci pour Léonie qui se rétablit vite. En espérant que ce mauvais sort disparaisse car ça fait 2 nez sur 5 de cassés 😅…
        La biz’

    2. Nous aussi on a eu du mal a croire pour Léonie. Quelles étaint les chances qu’elle se casse le nez d’une part et 10 jours seulement après d’autre part!
      Sinon effectivement, on n’a du mal à croire que noël approche avec ce temps. Ca fait bizarre! Mais c’est plaisant de quasi toujours se balader en t-shirt!!

  3. Mamire says:

    Coucou la tribu,
    Je propose de vous rebaptiser « la tribu des nez cassés ».
    Plein de gros bisous et profitez de cette superbe ambiance de Noël exotique sous le soleil .

    1. Léonie avait mal à son nez, et quand on lui a dit qu’il était cassé, elle a pleuré de plus belle de peur qu' »il se décroche » selon ses propres mots 😆! Mais maintenant, la question est: qui sera le prochain 🤔 ?

  4. Daph92 says:

    Hello les touristes
    C’est assez étrange de voir Noël se préparer sous un soleil de plomb. On imagine plutôt des palmiers que des sapins à cet endroit. Avez-vous croisé le père Noël en short et ses lutins en tong en plein préparatif ? Des bisous guérisseurs à Léonie pour accélérer la guérison du petit nez et des bisous bisous à vous autres !

    1. Alors oui nous avons croisé le père noël bien couvert avec bonnet et tout ce qui va avec sous une certaine chaleur. Il n’a pas sorti le marcel! Pas de lutin en vue. Et ca fait étrange d’entendre « Douce nuit » pour ce qui est pour nous une journée d’été avec piscine. On est complètement déphasé sauf le soir où noël reprend forme avec les guirlandes partout, c’est chouette!
      Léonie se remet petit à petit, ce qui ne l’empêche pas de courir et d’embêter ses frères tu penses!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.