Zunil et Fuentes Georginas

Lundi 6 décembre 

Réveil matinal car, bien que notre chambre soit glauque avec une fenêtre qui donne sur un mur, le jour entre quand même de bonne heure. Seul Gaspard arrive à prolonger un peu sa nuit pendant que Marceau et Léonie jouent.

Après le petit-déjeuner, nous nous mettons en route pour une nouvelle aventure. Premier objectif, trouver un bus qui va à Zunil, un village à 10 kilomètres de Xela. La réceptionniste nous a indiqué où le prendre, près d’une station-service à deux blocs de l’hôtel. Effectivement, nous voyons un chicken bus qui attend devant. Je m’approche de l’assistant pour demander s’il va à Zunil et il me fait signe de grimper. Nous montons donc par l’arrière et nous tassons sur une banquette.

Nous sommes les seuls étrangers et nous observons avec intérêt les autres passagers et en particulier les femmes car beaucoup portent des habits traditionnels colorées. L’assistant qui sert à crier les arrêts, se charge aussi des paiements. Quatorze quetzales pour nous cinq soit un euros cinquante environ.

Le trajet est assez rapide et le bus nous dépose sur la grande route qui longe le village. Nous entrons donc à pied dans celui-ci, en traversant un pont au-dessus d’une rivière qui mousse comme si on y avait déversé des litres de shampoing. Ce qui est peut être le cas d’ailleurs. Les berges sont jonchées de déchets, un spectacle bien triste. Nos enfants sont aussi désolés de voir ça. La conscience environnementale ne semble pas encore atteindre grand monde ici.

Nous traversons le marché, haut en couleur, aussi bien pour ses fruits et légumes que pour les costumes des vendeuses. Nos petits bouts ont les yeux écarquillés devant tous ces stands. Nous récoltons encore beaucoup de sourires et de bonjour. Nous ne croisons aucun autre étranger dans cette ville, on se sent vraiment au coeur du Guatemala ici.

Nous arrivons sur la place centrale et sa jolie église. Nous cherchons un moyen pour aller à Fuentes Georginas, des bains d’eau thermale, à 10 km de là dans la montagne. Théoriquement, il est possible d’y aller en tuk-tuk mais la distance nous semble longue pour la vitesse de l’engin et ce n’est pas moins cher finalement. Nous optons donc pour un pick-up dont le chauffeur, très gentil, accepte aussi de revenir nous chercher en début d’après-midi.

Quelques virages plus loin, nous grimpons la montagne en observant les cultures de chaque côté. C’est impressionnant de les voir travailler dans ces champs en pente. Un peu plus tard, c’est un volcan que nous apercevons au loin. Le chemin vaut déjà le détour.

Notre conducteur nous dépose directement sur le parking. L’entrée coûte 60 Q par personne pour les touristes étrangers (40 Q pour les locaux). Nos enfants peuvent entrer gratuitement.

Nous avançons sur un chemin aménagé le long de bungalows qu’il est possible de louer à la nuit, avec accès illimité aux bassins. Nous découvrons au bout trois bassins dont deux qui fument franchement. Après un passage aux vestiaires pour se mettre en maillot de bain, nous testons d’abord le bassin le plus petit, environ 32 degrés et où les enfants ont pied. Léonie s’entraîne à nager sans brassards. Puis, nous essayons celui du dessus qui est le plus chaud des 3, environ 36 degrés avec une zone encore bien plus chaude près de l’arrivée de la source. Nous y restons un long moment et nous sommes seuls tous les cinq. C’est royal. On pense bien à vous tous qui travaillez pour beaucoup et dont la météo est plus hivernale et on se dit qu’on est pas mal là, surtout pour un lundi matin.

Nous allons ensuite dans le dernier bassin, le plus grand, dont la température moyenne doit être entre les deux autres. Sauf au fond, le long des rochers où arrive la source et où l’eau est plus chaude voire brûlante. Il y a quelques familles guatémaltèques et nous croisons aussi un couple de français mais c’est assez calme ce matin. Nous retournons un peu dans le deuxième bassin à la demande des enfants puis allons nous sécher. La sortie est moins agréable car le contraste de température est franc ! Le rhabillage se fait sous les cris des enfants gelés.

Nous nous installons dans un coin pour pique-niquer en attendant le retour de notre chauffeur. Il arrive à l’heure et nous ramène au point de départ. La montagne s’est couverte de brume et on ne voit presque plus le paysage. Arrivés dans le village, le soleil brille à nouveau.

Nous reprenons ensuite le bus pour revenir sur Xela. Le trajet dure deux fois plus longtemps car nous restons bloqués un long moment dans le village voisin à cause d’un défilé de Noël. Puis le chauffeur nous abandonne dans une rue et on doit prendre un deuxième bus pour terminer. Nous descendons enfin à la station-service de départ, très contents de cette excursion hors des sentiers battus et du périple qui l’accompagne.

Nous repassons par notre chambre pour déposer nos affaires mais nous n’avons pas envie d’y rester enfermés pour le reste de l’après-midi. Nous mettons donc le cap sur le parc d’hier avec un arrêt à la boulangerie pour le goûter. Les enfants retrouvent avec plaisir les jeux, qui sont nettement moins fréquentés aujourd’hui. La fatigue leur vaudra plusieurs chutes et nous reprenons le chemin de l’hôtel avant la nuit, avec Léonie et Gaspard dans les porte-bébés. Marceau fort de ses quatre ans tout frais, fait preuve de courage et parcourt ce dernier kilomètre à pied.

Douches pour tout le monde puis jeux plus ou moins calme. Je bats Léonie au jeu de sept familles, ce qui ne luit plaît pas trop. Les garçons retrouvent avec bonheur camion et tractopelles. Pour me faire pardonner d’avoir gagné, j’accepte que Léonie m’accompagne pour préparer le dîner, dans une cuisine toujours aussi sale. Au menu, riz haricots rouges et poulet, très local. Et qui plaît aux petits comme aux grands.

Une jolie journée qui a parfaitement correspondu à nos attentes en terme d’immersion culturelle.

Commentaires

  1. Rochelle says:

    Merci pour ce beau partage. Nous voyageons avec vous et effectivement, je confirme : petit temps frais sur la France !!
    Valérie Inquello

    1. C’est vraiment sympa en effet de ne pas à avoir à se demander ce qu’on va porter la journée.
      On va rater un hiver cette année et c’est pas un mal 😊

  2. Coutin laurent says:

    Merci de penser à nous ,pauvres travailleurs 😊😊!
    Effectivement une très belle journée pour vous.

    1. On se dit très souvent qu’on a de la chance de vivre ça et que si on était pas parti on serait en train de bosser à l’instant t. C’est assez étrange!

  3. PECHEUR Isabelle says:

    Décidément, le guatemala révèle bien des surprises.
    Cette journée en bains chauds naturels est très tentante!
    Et oui je confirme, en France c’est l’hiver !

    1. Les bains chauds c’était top. On était un peu en altitude donc ca faisait du bien le chaud. Par contre quand on sortait, on se dépêchait bizarrement…

  4. Julien Fonteneau says:

    Hola la tribu,

    Si cada pais tiene su nivel de conscienca del tema ecologica. Pero se puede entender que para un pais pobre hay prioridad, su familia. Cada pais avanza a su propio ritmo.

    JC debia ser felix con la temperatura del agua.)) Si fui y tambien me gusto mucho el ambiante y el camino.

    Un saludo

    1. Température juste ce qu’il fallait 😉

  5. […] Fuentes Georginas […]

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.